Glossaire musical (296 termes)

15ma (quindicesima)
Jouer deux octaves plus haut (15ma) ou plus bas (15mb) qu'écrit, tant que dure la ligne pointillée.
1re et 2e fin (volta)
Crochets numérotés au-dessus des dernières mesures d'une reprise : la 1re fois, on joue la case « 1. » puis on reprend ; la 2e fois, on saute la case 1 et on joue la case « 2. ».
8va (ottava alta)
« 8va » au-dessus des notes, suivi d'une ligne pointillée : jouer une octave plus haut qu'écrit tant que dure la ligne. Évite d'empiler les lignes supplémentaires.
8vb (ottava bassa)
« 8vb » (ou 8va placé sous les notes) : jouer une octave plus bas qu'écrit tant que dure la ligne pointillée. « Con 8 » ou « col 8 » demande au contraire d'ajouter l'octave inférieure.
A tempo
Reprendre le tempo de départ (ou le tempo principal) après un ralentissement, une accélération ou un passage libre.
Accelerando
En accélérant progressivement, jusqu'à la prochaine indication de tempo.
Accent
Signe > au-dessus ou au-dessous d'une note : on la joue plus fort que ses voisines pour la faire ressortir.
Acciaccature
Petite note barrée d'un trait oblique, jouée très brièvement, comme écrasée contre la note principale. Selon le style, elle se place juste avant le temps ou sur le temps.
Accord
Au moins trois notes différentes jouées ensemble. En harmonie classique, les accords sont bâtis par empilement de tierces à partir d'une note, la fondamentale.
Accord arpégé
Ligne ondulée verticale devant un accord : on égrène ses notes très vite, de la plus grave à la plus aiguë, au lieu de les plaquer ensemble.
Accord de septième
Triade à laquelle on ajoute une quatrième note, la septième au-dessus de la fondamentale. Selon les intervalles : septième majeure (Cmaj7), mineure (Cm7), de dominante (C7), demi-diminuée (Cm7♭5), diminuée (C°7).
Accord diminué, accord augmenté
Diminué : deux tierces mineures (si-ré-fa), quinte diminuée, sonorité tendue (symbole B° ou Bdim). Augmenté : deux tierces majeures (do-mi-sol♯), quinte augmentée, sonorité instable (symbole C+ ou Caug).
Accord majeur
Triade formée d'une tierce majeure (4 demi-tons) puis d'une tierce mineure (3 demi-tons) : do-mi-sol. Sonorité claire et stable. Symbole : la lettre seule (C, G).
Accord mineur
Triade formée d'une tierce mineure puis d'une tierce majeure : la-do-mi. Sonorité plus sombre ou mélancolique. Symbole : lettre suivie de « m » (Am, Dm).
Accord ouvert
Accord de guitare joué près du sillet en utilisant des cordes à vide (do, ré, mi, sol, la, mi mineur, la mineur…). Ce sont les premiers accords qu'apprennent les guitaristes.
Accordage standard
Accord habituel de la guitare, de la corde grave à l'aiguë : mi, la, ré, sol, si, mi (E A D G B E). Les cordes voisines sont à la quarte, sauf sol-si à la tierce majeure. La guitare sonne une octave plus bas qu'écrit.
Ad libitum
« À volonté » : l'interprète choisit librement le tempo d'un passage, ou décide de jouer ou non une partie, ou d'improviser. A piacere a un sens voisin (au gré de l'interprète).
Adagietto
Un peu moins lent qu'adagio. Désigne aussi une courte pièce lente (Adagietto de la 5e symphonie de Mahler).
Adagio
Lent et posé (« à l'aise »), plus allant que largo. Par extension, un adagio est un mouvement lent de sonate ou de symphonie.
Agitato
« Agité » : inquiet et fiévreux, souvent avec un tempo pressant.
Allargando
« En élargissant » : en ralentissant tout en gardant, voire en renforçant, la puissance du son. Fréquent juste avant un final.
Allegretto
Diminutif d'allegro : assez rapide et léger, mais moins vif qu'allegro.
Allegro
« Joyeux » : rapide et vif. C'est le tempo le plus courant des premiers et derniers mouvements de sonate.
Allemande
Danse d'allure modérée à quatre temps, souvent en ouverture de la suite baroque, qui commence généralement par une courte anacrouse et déroule un flot de doubles croches.
Altération
Signe qui modifie la hauteur d'une note : dièse, bémol, bécarre, double dièse, double bémol. Écrite devant une note (altération accidentelle), elle vaut jusqu'à la fin de la mesure pour cette note à cette octave.
Anacrouse
Note ou groupe de notes qui précède le premier temps fort d'une phrase, dans une mesure incomplète au début du morceau. La dernière mesure est souvent raccourcie d'autant.
Andante
« En allant » : allure modérée et calme, celle d'une marche tranquille. Ni lent ni rapide, il doit continuer d'avancer.
Andantino
Diminutif d'andante. Aujourd'hui compris comme un peu plus allant qu'andante, mais certains auteurs du XVIIIe siècle l'employaient pour un tempo légèrement plus lent : le contexte tranche.
Animato
« Animé » : avec plus de vie et d'élan, souvent un peu plus vite. Animando = en s'animant peu à peu.
Apoyando, tirando
Deux façons de pincer. Apoyando (butée) : après la corde, le doigt vient se poser sur la corde voisine, pour un son plein, idéal pour la mélodie. Tirando (pincé libre) : le doigt passe au-dessus de la corde voisine, indispensable dans les arpèges.
Appassionato
« Passionné » : avec intensité et ardeur (Sonate « Appassionata » de Beethoven).
Appoggiature
Petite note écrite devant une note principale sur laquelle elle « s'appuie » : jouée sur le temps, elle prend une partie de la valeur de la note principale (souvent la moitié) puis se résout sur elle.
Armure
Groupe de dièses ou de bémols placé juste après la clé, au début de chaque ligne : ces altérations valent pour toutes les notes de ce nom, à toutes les octaves, sauf indication contraire. Elle indique la tonalité (ou sa relative).
Arpège
Notes d'un accord jouées l'une après l'autre plutôt qu'ensemble, en montant ou en descendant. Très utilisé en accompagnement et comme exercice technique.
Articulation
Manière de lier ou de détacher les notes et de les attaquer (legato, staccato, accent…). Avec les nuances, c'est ce qui donne vie à une ligne.
Assai
« Très, assez » : en musique, on le comprend comme « très » (allegro assai = très rapide ; adagio assai = très lent).
Attacca
« Attaque » : enchaîner le mouvement suivant sans pause, à la fin d'un mouvement.
Bagatelle
« Petite chose » : courte pièce légère pour piano. La « Lettre à Élise » de Beethoven est une bagatelle (WoO 59).
Ballade
Au piano, grande pièce narrative, comme un récit sans paroles : les quatre Ballades de Chopin (en 6/4 ou 6/8) en sont le modèle, suivies par Liszt et Brahms. En jazz et en pop, une ballade est simplement une chanson lente.
Barcarolle
Chant des gondoliers vénitiens : pièce en 6/8 ou 12/8 au rythme berçant qui évoque le mouvement de la barque (Chopin, Offenbach, Fauré).
Barré
L'index (doigt 1) appuie à plat sur plusieurs cordes à la même case, comme un capodastre. Grand barré : six cordes ; demi-barré : quelques-unes. Noté « B » ou « C » suivi de la case en chiffres romains (CII, BV).
Barre de mesure
Trait vertical qui traverse la portée et sépare les mesures. Une double barre fine marque la fin d'une section ; une double barre dont la seconde est épaisse marque la fin du morceau.
Barre de reprise
Double barre accompagnée de deux points (:‖) : on rejoue le passage depuis la barre de reprise inverse (‖:) ou, s'il n'y en a pas, depuis le début. On ne fait la reprise qu'une fois, sauf indication contraire.
Basse continue
Pratique baroque (vers 1600-1750) : une ligne de basse, souvent chiffrée, sur laquelle un claviériste ou un luthiste improvise les accords, avec parfois un instrument grave qui double la basse.
Basse d'Alberti
Accompagnement en accords brisés selon le motif grave-aigu-médium-aigu (do-sol-mi-sol), nommé d'après Domenico Alberti (XVIIIe siècle). Omniprésent chez Mozart et dans les sonatines classiques.
Bécarre
Signe ♮ qui annule un dièse ou un bémol (de l'armure ou d'une altération précédente) : la note redevient « naturelle ».
Bémol
Signe ♭ qui abaisse la note d'un demi-ton. Au piano, si♭ est la touche noire juste à gauche de si.
Bend (tiré)
On pousse ou tire la corde latéralement pour faire monter la note, d'un demi-ton (½), d'un ton (full) ou plus. Effet expressif typique du blues et du rock.
Berceuse
Pièce douce qui imite le balancement d'un berceau, souvent en mesure composée (6/8) avec un accompagnement répétitif (Chopin, Brahms, Fauré).
Blanche
Note à tête blanche avec une hampe. Elle vaut la moitié d'une ronde, soit 2 noires (2 temps en 4/4).
Blues en 12 mesures
Grille de 12 mesures à la base du blues, du jazz et du rock : I-I-I-I / IV-IV-I-I / V-IV-I-I (la dernière mesure passe souvent sur V pour relancer). Les accords sont souvent des septièmes de dominante, joués avec swing.
Brillante
« Brillant » : éclatant et virtuose, avec un son clair et des traits étincelants.
C et C barré (alla breve)
Le C remplace le chiffrage 4/4. Le C barré (alla breve) vaut 2/2 : deux temps à la blanche, donc une pulsation deux fois moins dense. Ce C vient de la notation médiévale, ce n'est pas l'initiale de « common ».
Cadence
Enchaînement d'accords qui ponctue la fin d'une phrase, comme une virgule ou un point. Les principales : parfaite, plagale, rompue et demi-cadence.
Cadence parfaite
Enchaînement dominante-tonique (V-I), les deux accords à l'état fondamental : c'est le « point final » le plus conclusif. Si l'un des accords est renversé, on parle de cadence imparfaite.
Cadence plagale
Enchaînement sous-dominante-tonique (IV-I), plus doux que la cadence parfaite. On l'appelle aussi « cadence amen », car elle accompagne souvent ce mot à la fin des hymnes.
Cadence rompue
La dominante (V) se résout sur le VIe degré au lieu de la tonique (sol7 → la mineur en do majeur) : l'oreille attend une fin qui ne vient pas, ce qui relance la musique.
Cadenza
Passage virtuose et libre, hors mesure, souvent écrit en petites notes, où le soliste brille seul (en particulier dans les concertos). À ne pas confondre avec la cadence harmonique.
Calando
« En baissant » : en ralentissant et en diminuant le son à la fois.
Canon
Imitation stricte : une même mélodie est reprise par une deuxième voix (puis d'autres) qui démarre quelques temps plus tard, parfois à un autre intervalle (« Frère Jacques », Canon de Pachelbel).
Cantabile
« Chantant » : faire chanter la mélodie comme une voix, bien liée et timbrée au-dessus de l'accompagnement.
Capodastre (capo)
Pince posée en travers du manche, qui fait office de sillet mobile : « capo 3 » élève toutes les cordes de trois demi-tons. On garde les mêmes formes d'accords pour jouer dans une autre tonalité.
Case (frette)
Les frettes sont les barrettes métalliques du manche ; la case est l'espace entre deux frettes. Appuyer dans la case n raccourcit la corde et élève la note de n demi-tons. On appuie juste derrière la frette.
Césure
Deux petits traits obliques (//) : courte interruption du son, un silence suspendu hors mesure, avant de reprendre. Une simple virgule (ʼ) indique seulement une respiration.
Chiffrage de mesure
Les deux chiffres superposés au début du morceau. En mesure simple, le chiffre du haut donne le nombre de temps et celui du bas la figure qui vaut un temps (4 = noire, 2 = blanche, 8 = croche) : 3/4 = trois noires. En mesure composée (6/8, 9/8, 12/8), le haut compte des croches groupées par trois : 6/8 = deux temps de noire pointée.
Choral
Chant d'assemblée de l'Église luthérienne, en notes de valeur égale, harmonisé à quatre voix. Les centaines d'harmonisations de chorals de Bach servent encore de modèle pour apprendre l'harmonie.
Clé
Signe placé au début de la portée qui fixe le nom des notes en attribuant une note précise à une ligne. Les trois clés usuelles sont sol, fa et ut.
Clé d'ut
Clé dont le centre désigne la ligne du do central (ut = do). Placée sur la 3e ligne, c'est la clé d'alto ; sur la 4e, la clé de ténor. Rare au piano, on la croise dans les éditions anciennes.
Clé de fa
Clé dont les deux points encadrent la 4e ligne : la note sur cette ligne est le fa sous le do central. Utilisée pour les notes graves, en général la main gauche au piano.
Clé de sol
Clé dont la boucle s'enroule autour de la 2e ligne : la note sur cette ligne est le sol au-dessus du do central. Utilisée pour la main droite au piano et pour la guitare (qui sonne une octave plus bas qu'écrit).
Coda
« Queue » : section finale qui conclut un morceau. Le signe 𝄌 (cercle barré d'une croix) marque le saut : au retour D.C. ou D.S., on va directement de « al coda » à la coda. Une codetta est une petite coda.
Comodo
« Commode » : à un tempo confortable, sans hâte. S'ajoute souvent à une autre indication (allegro comodo).
Con / Col
« Avec » : con brio = avec éclat ; con pedale = avec pédale ; colla voce = en suivant la voix.
Con anima
« Avec âme » : avec chaleur et engagement, de l'élan dans la phrase.
Con brio
« Avec éclat, avec entrain » : énergique et brillant (Allegro con brio de la 5e symphonie de Beethoven).
Con fuoco
« Avec feu » : fougueux, passionné et énergique.
Con moto
« Avec mouvement » : un peu plus allant que le tempo indiqué, sans traîner (andante con moto).
Consonance, dissonance
Une consonance sonne stable et reposante (octave, quinte, tierces, sixtes) ; une dissonance crée une tension qui appelle une résolution (secondes, septièmes, triton). La perception varie selon les styles et les époques.
Contrepoint
Art de combiner plusieurs lignes mélodiques indépendantes qui sonnent bien ensemble. L'harmonie pense en accords (vertical), le contrepoint en voix (horizontal).
Contretemps
Note attaquée sur une partie faible du temps alors que la partie forte est occupée par un silence (soupir ou demi-soupir avant la note). Contrairement à la syncope, la note n'est pas prolongée sur le temps fort.
Courante
Danse à trois temps de la suite baroque. La courante française, en 3/2, est assez posée, avec des hémioles ; la corrente italienne, en 3/4 ou 3/8, est rapide et coulante.
Crescendo
En augmentant progressivement le son. S'écrit « cresc. » ou avec un soufflet qui s'ouvre (<).
Croche
Note noire avec un crochet. Elle vaut la moitié d'une noire. Plusieurs croches se relient souvent par une barre (ligature).
Croisement des mains
Passage où une main passe par-dessus l'autre pour jouer dans son registre (Scarlatti, Liszt). La main qui croise passe en général au-dessus.
Cycle des quintes
Classement des douze tonalités de quinte en quinte. En montant d'une quinte (do, sol, ré, la…), on ajoute un dièse à l'armure ; en descendant (do, fa, si♭, mi♭…), on ajoute un bémol. Les tons voisins sur le cercle sont proches harmoniquement.
D.C. al fine
Revenir au début et jouer jusqu'au mot « Fine », où le morceau s'arrête. Typique des menuets avec trio (forme A-B-A).
Da capo (D.C.)
« Depuis la tête » : revenir au début du morceau. En général, les reprises intérieures ne se refont pas lors de ce retour, sauf mention contraire.
Dal segno (D.S.)
« Depuis le signe » : revenir au signe 𝄋 (segno) et rejouer à partir de là. D.S. al fine : jusqu'à « Fine » ; D.S. al coda : jusqu'au renvoi vers la coda.
Decrescendo
En diminuant progressivement le son. S'écrit « decresc. » ou avec un soufflet qui se ferme (>).
Degrés
Rang d'une note dans la gamme, noté en chiffres romains (I à VII), qui sert aussi à nommer l'accord bâti dessus. Noms : I tonique, II sus-tonique, III médiante, IV sous-dominante, V dominante, VI sus-dominante, VII sensible.
Delicato
« Délicat » : toucher fin et léger, son raffiné.
Demi-cadence
Phrase qui s'arrête sur l'accord de dominante (V) : effet suspensif, comme une virgule ou une question, qui appelle une suite.
Demi-pause
Silence de la valeur d'une blanche : un petit rectangle posé sur la 3e ligne.
Demi-soupir
Silence de la valeur d'une croche, en forme de petit 7 avec un point. Le quart de soupir (deux crochets) vaut une double croche.
Demi-ton, ton
Le demi-ton est le plus petit intervalle du clavier : deux touches voisines (mi-fa, si-do, do-do♯). Un ton vaut deux demi-tons (do-ré).
Dièse
Signe ♯ qui élève la note d'un demi-ton. Au piano, fa♯ est la touche noire juste à droite de fa ; mi♯ se joue sur la touche blanche fa.
Diminuendo
En diminuant le son : synonyme de decrescendo. Certains compositeurs y ajoutent une idée de ralentissement ou d'éloignement.
Doigté
Choix des doigts pour chaque note, indiqué par des chiffres au-dessus ou au-dessous des notes. Au piano : 1 = pouce, 2 = index, 3 = majeur, 4 = annulaire, 5 = auriculaire, pour les deux mains. Un bon doigté rend un passage plus sûr et plus fluide.
Doigts de la main gauche (guitare)
À la guitare, les doigts de la main qui appuie sur les cordes se numérotent 1 (index), 2 (majeur), 3 (annulaire), 4 (auriculaire) ; 0 indique une corde à vide. Attention : au piano, 1 désigne le pouce.
Dolce
« Doux » au sens de tendre : un son chaleureux et caressant, généralement piano.
Dominante
Cinquième degré de la gamme (sol en do majeur). L'accord de dominante (V), qui contient la sensible, crée une tension qui appelle le retour à la tonique.
Double bémol
Signe 𝄫 qui abaisse la note d'un ton (deux demi-tons). Si double bémol se joue sur la touche la.
Double croche
Note à deux crochets (ou deux barres). Elle vaut la moitié d'une croche : quatre doubles croches dans une noire.
Double dièse
Signe en forme de petite croix (𝄪) qui élève la note d'un ton (deux demi-tons). Fa double dièse se joue sur la touche sol.
Drop D
Accordage où l'on descend la 6e corde d'un ton, de mi à ré (D A D G B E). Il donne une basse plus profonde et facilite les accords de quinte en ré.
Energico
« Énergique » : vigoureux, avec de la force et de la détermination.
Enharmonie
Deux notes de noms différents qui sonnent de façon identique au piano, comme do♯ et ré♭. Le nom choisi dépend de la tonalité et de la fonction de la note.
Espressivo
« Expressif » : jouer avec émotion, en soignant les nuances et le phrasé, souvent avec un peu de rubato.
Étouffoir
Petit bloc garni de feutre posé sur les cordes : il arrête leur vibration quand la touche remonte. La pédale de résonance les soulève tous.
Étude
Pièce conçue pour travailler une difficulté technique précise (gammes, octaves, arpèges…). Chopin et Liszt en ont fait de véritables œuvres de concert ; Czerny et Burgmüller en ont écrit pour tous les niveaux.
Fantaisie
Pièce de forme libre qui suit l'imagination du compositeur, comme une improvisation, avec des changements de tempo et de caractère (Fantaisie en ré mineur de Mozart, Fantaisie-Impromptu de Chopin).
Fine
« Fin » : endroit où s'arrête le morceau après un retour D.C. ou D.S. (« al fine » = jusqu'à la fin). Au premier passage, on l'ignore.
Forme binaire, forme ternaire
Plans de base d'un morceau. Binaire (AB) : deux parties, souvent chacune reprise, la première allant vers la dominante et la seconde revenant à la tonique (danses baroques). Ternaire (ABA) : une partie, un contraste, puis le retour de la première (menuet-trio-menuet, nocturnes).
Forme sonate
Plan en trois parties. Exposition : un premier thème à la tonique, puis un second dans un autre ton (dominante, ou relatif majeur en mineur). Développement : les thèmes sont fragmentés et modulent. Réexposition : retour des deux thèmes, cette fois dans le ton principal.
Forte (f)
Fort. Le son doit être plein et rond, pas dur : on utilise le poids du bras plutôt que la frappe des doigts.
Fortepiano (fp)
Attaquer forte puis passer immédiatement à piano. (Le mot désigne aussi l'ancêtre du piano moderne.)
Fortissimo (ff)
Très fort.
Fortississimo (fff)
Extrêmement fort, le maximum de puissance de l'instrument (on trouve parfois ffff).
Fugue
Composition en contrepoint pour plusieurs voix bâtie sur un thème, le sujet. Chaque voix l'énonce tour à tour (exposition), la deuxième entrée (la réponse) étant transposée à la dominante ; suivent des divertissements et des réentrées, parfois en strette. Sommet chez Bach.
Gamme
Suite de notes ordonnées de proche en proche sur une octave, définie par sa succession de tons et de demi-tons. Elle fournit le matériau d'une tonalité ou d'un mode.
Gamme blues
Pentatonique mineure à laquelle on ajoute la quinte diminuée, la « blue note » : en do, do mi♭ fa fa♯ sol si♭. Base de l'improvisation blues et rock.
Gamme chromatique
Gamme qui monte ou descend par demi-tons, en passant par les douze notes de l'octave (toutes les touches, blanches et noires).
Gamme majeure
Gamme de sept notes construite sur le schéma ton, ton, demi-ton, ton, ton, ton, demi-ton (do majeur : les touches blanches de do à do). Son caractère est perçu comme lumineux.
Gamme mineure
Gamme dont la tierce est mineure. Trois formes : naturelle (ton, demi-ton, ton, ton, demi-ton, ton, ton : la mineur = touches blanches de la à la), harmonique (7e degré haussé, qui crée la sensible) et mélodique (6e et 7e haussés en montant, naturelle en descendant, selon l'usage classique).
Gamme pentatonique
Gamme de cinq notes sans demi-ton. La pentatonique majeure prend les degrés 1-2-3-5-6 (do ré mi sol la) ; les cinq touches noires du piano en forment une. Très présente dans les musiques traditionnelles, le blues et le rock.
Gavotte
Danse française à deux temps (2/2), d'allure modérée, qui commence au milieu de la mesure par une anacrouse de deux noires.
Gigue
Danse rapide et sautillante, en mesure composée (6/8, 12/8), qui clôt habituellement la suite baroque ; ses voix entrent souvent en imitation.
Giocoso
« Joyeux, enjoué » : avec bonne humeur et vivacité.
Glissando (slide)
Glissement d'une note à une autre. À la guitare, le doigt glisse le long de la corde sans la quitter (slide, noté par un trait oblique). Au piano, on balaie les touches avec l'ongle ou le dos des doigts.
Grave
Très lent et solennel, avec un caractère lourd et sérieux. On le trouve souvent dans les introductions lentes (Sonate « Pathétique » de Beethoven).
Grazioso
« Gracieux » : élégant et léger, sans lourdeur.
Gruppetto
Ornement en forme de S couché (∽) qui tourne autour de la note : note supérieure, note, note inférieure, note. Placé entre deux notes, il se joue après la première.
Hammer-on
« Coup de marteau » : un doigt de la main gauche frappe la corde déjà en vibration pour faire sonner une note plus aiguë sans la pincer à nouveau. Noté « H » ou par une liaison montante.
Harmonique
Son cristallin obtenu en effleurant la corde, sans appuyer, juste au-dessus d'une frette précise, puis en la pinçant. Harmoniques naturelles : case 12 (octave), case 7 (octave + quinte), case 5 (deux octaves). Notées par des têtes de note en losange.
Hémiole
Rythme où deux mesures à trois temps sont ressenties comme trois mesures à deux temps (ou l'inverse). Très courant aux cadences baroques, dans les menuets et les valses.
Impromptu
Pièce de caractère pour piano qui donne l'impression d'être improvisée, souvent de forme ternaire (Schubert, Chopin).
Intervalle
Distance entre deux notes, nommée d'après le nombre de degrés qu'elle couvre (seconde, tierce, quarte, quinte, sixte, septième, octave) et qualifiée de majeure, mineure, juste, augmentée ou diminuée selon le nombre de demi-tons.
Invention
Courte pièce en contrepoint qui développe un motif entre les voix. Les 15 Inventions à deux voix de Bach (et ses 15 Sinfonias à trois voix) ont été écrites pour apprendre à jouer des voix indépendantes et à « chanter » au clavier.
L'istesso tempo
« Le même tempo » : la pulsation reste identique malgré un changement de mesure (par exemple, la noire de 2/4 devient la noire pointée de 6/8).
Lamentoso
« Plaintif » : triste et douloureux, comme une lamentation. Doloroso et dolente ont un sens voisin.
Larghetto
Diminutif de largo : lent, mais un peu moins que largo.
Larghissimo
Superlatif de largo : le plus lent des tempos, rarement employé, autour de 24 BPM ou moins.
Largo
Très lent et ample (« large »). Le son doit rester plein et chantant malgré la lenteur.
Legato
« Lié » : enchaîner les notes sans aucune coupure, la suivante commençant au moment où la précédente s'arrête. Souvent indiqué par une liaison de phrasé.
Leggiero
« Léger » : toucher léger et délicat, souvent un peu détaché, avec peu de poids du bras.
Lento
Lent. Proche de largo, avec une nuance de calme plutôt que d'ampleur.
Liaison de phrasé
Courbe qui englobe des notes de hauteurs différentes : on les joue legato, comme un seul geste. La dernière note est souvent légèrement allégée.
Liaison de prolongation
Courbe qui relie deux notes de même hauteur : on ne joue que la première et on la tient pendant la durée des deux. Elle permet de prolonger une note par-dessus une barre de mesure.
Ligne supplémentaire
Petit trait ajouté au-dessus ou au-dessous de la portée pour écrire une note qui dépasse ses cinq lignes. Le do central en clé de sol se trouve sur la première ligne supplémentaire en dessous.
Loco
« À sa place » : revenir à la hauteur écrite après un passage à l'octave (8va, 8vb).
Ma non troppo
« Mais pas trop » : même sens que non troppo (adagio ma non troppo = lent, mais pas trop). Ma non tanto est équivalent.
Maestoso
« Majestueux » : grand, noble et posé, sans précipitation.
Main droite (m.d.)
Indique qu'une note ou un passage se joue de la main droite. « m.d. » vaut aussi bien pour main droite (fr) que mano destra (it) ; en anglais, « r.h. ».
Main gauche (m.g.)
Indique qu'une note ou un passage se joue de la main gauche : « m.g. » en français, « m.s. » (mano sinistra) en italien, « l.h. » en anglais. Utile quand une main prend des notes écrites sur la portée de l'autre.
Marcato
« Marqué » : accent plus fort et plus incisif que le simple accent, noté par un petit chapeau (^). En toutes lettres, marcato demande de bien marquer chaque note d'un passage.
Marche
Pièce à deux ou quatre temps au rythme régulier et bien marqué, faite pour accompagner le pas, souvent avec un trio central. Alla marcia = dans le style d'une marche.
Martellato
« Martelé » : notes frappées avec force et détachées, comme des coups de marteau.
Mazurka
Danse populaire polonaise à trois temps, dont l'accent tombe souvent sur le 2e ou le 3e temps, avec des rythmes pointés. Chopin en a écrit près de soixante.
Médiator
Petite plaque (en plastique le plus souvent) tenue entre le pouce et l'index pour gratter ou pincer les cordes. Plus il est épais, plus l'attaque est ferme.
Meno
« Moins » : meno forte = moins fort ; meno mosso = moins animé.
Meno mosso
« Moins animé » : un peu plus lent, d'un coup, à partir de cet endroit.
Danse française à trois temps, d'allure modérée et élégante, très en vogue aux XVIIe et XVIIIe siècles. Souvent suivi d'un trio puis repris (menuet-trio-menuet) ; c'est le 3e mouvement habituel de la symphonie classique.
Mesure
Segment de musique compris entre deux barres de mesure, contenant un nombre fixe de temps donné par le chiffrage. Le premier temps est en général le plus appuyé.
Mesure composée
Mesure dont chaque temps est une valeur pointée qui se divise en trois (une noire pointée = trois croches). Exemples : 6/8 (2 temps), 9/8 (3 temps), 12/8 (4 temps).
Mesure simple
Mesure dont chaque temps se divise naturellement en deux (une noire = deux croches). Exemples : 2/4, 3/4, 4/4, 2/2.
Métronome
Appareil qui bat la pulsation à une vitesse réglable en BPM. Une indication comme « ♩ = 96 » ou « M.M. ♩ = 96 » (métronome de Maelzel) demande 96 noires par minute.
Mezza voce
« À demi-voix » : son retenu et doux, mais chantant, entre piano et mezzo forte.
Mezzo forte (mf)
Moyennement fort : un peu moins fort que forte. C'est souvent la nuance « par défaut » d'un passage.
Mezzo piano (mp)
Moyennement doux : un peu plus fort que piano.
Misterioso
« Mystérieux » : atmosphère voilée et énigmatique, souvent pianissimo.
Mode
Manière d'ordonner les tons et demi-tons d'une gamme. Les sept modes « grégoriens » ou d'église se jouent sur les touches blanches en partant de chaque note : ionien (do, = majeur), dorien (ré), phrygien (mi), lydien (fa), mixolydien (sol), éolien (la, = mineur naturel), locrien (si).
Moderato
Modéré : tempo moyen, entre andante et allegro. Sert aussi de modificateur (allegro moderato = allegro retenu).
Modulation
Passage d'une tonalité à une autre à l'intérieur d'un morceau, souvent par un accord commun aux deux tons (accord pivot). Elle apporte contraste et sensation de voyage.
Molto
« Beaucoup, très » : renforce l'indication voisine (molto allegro = très vif ; molto rit. = beaucoup ralentir).
Mordant
Ornement bref : la note, sa voisine, puis la note. Le signe en zigzag barré d'un trait vertical désigne la voisine inférieure ; sans trait (pralltriller), la voisine supérieure. Les usages varient selon les époques et les éditions.
Morendo
« En mourant » : le son s'éteint peu à peu, souvent avec un léger ralentissement, en fin de phrase ou de pièce.
Mosso
« Animé, en mouvement ». Surtout employé dans più mosso, meno mosso ou andante mosso (andante un peu allant).
Motif
Courte cellule mélodique ou rythmique reconnaissable, que le compositeur répète, transforme et développe (les quatre notes du début de la 5e symphonie de Beethoven). Un thème est une idée plus longue, souvent une phrase entière.
Mouvement
Partie autonome d'une œuvre plus vaste (sonate, symphonie, suite), avec son propre tempo et son propre caractère. Le mot désigne aussi, en français, le tempo lui-même (« un peu plus de mouvement »).
Niente (al niente)
« Rien » : un diminuendo al niente va jusqu'au silence ; un crescendo dal niente part du silence. Parfois noté par un petit « n » ou un cercle au bout du soufflet.
Nocturne
« Pièce de la nuit » : pièce rêveuse où une mélodie chantante se déploie sur un accompagnement en arpèges larges à la main gauche. Créé au piano par John Field, porté au sommet par Chopin.
Noire
Note à tête noire avec une hampe, sans crochet. Elle vaut 2 croches ; c'est l'unité de temps en 2/4, 3/4 et 4/4.
Noms des notes
En France, les sept notes s'appellent do (ou ut), ré, mi, fa, sol, la, si. Les pays anglophones et germaniques utilisent des lettres : C D E F G A B (en allemand, H désigne le si et B le si bémol).
Non legato
Notes légèrement séparées, sans être aussi courtes qu'un staccato. C'est souvent le toucher de base dans la musique baroque au clavier.
Non troppo
« Pas trop » : modère l'indication (allegro non troppo = rapide, mais sans excès).
Nuance
Intensité du son, du plus doux au plus fort. Elle s'écrit avec des lettres italiennes (p, mf, f…) et des signes de crescendo ou de diminuendo. Une nuance est relative : un f de Mozart n'est pas un f de Rachmaninov.
Numéros des cordes
Les cordes se numérotent de la plus aiguë (1, mi aigu) à la plus grave (6, mi grave). Sur une partition, un chiffre entouré (③) indique sur quelle corde jouer la note.
Octave
Intervalle de huit degrés (douze demi-tons) entre deux notes de même nom, par exemple deux do voisins. La note aiguë vibre exactement deux fois plus vite, d'où leur ressemblance.
Opus (op.)
« Œuvre » : numéro d'ordre d'une œuvre dans le catalogue d'un compositeur (op. 27 n° 2 = 2e pièce du recueil 27). Certains compositeurs ont des catalogues propres : BWV pour Bach, K. ou KV pour Mozart, WoO pour les œuvres de Beethoven sans numéro d'opus.
Ornement
Notes décoratives ajoutées à une mélodie, indiquées par des signes abrégés (trille, mordant, gruppetto, appoggiature) plutôt qu'écrites en entier. Leur exécution dépend du style et de l'époque.
Ossia
« Ou bien » : version alternative d'un passage, souvent plus facile, imprimée en petit sur une portée au-dessus.
p-i-m-a (main droite)
Lettres qui désignent les doigts de la main qui pince les cordes, d'après l'espagnol : p = pulgar (pouce), i = índice (index), m = medio (majeur), a = anular (annulaire). Le pouce joue en général les basses (cordes 4 à 6), i-m-a les cordes aiguës, par exemple en arpège p-i-m-a.
Palm mute
On pose le tranchant de la main droite sur les cordes, tout près du chevalet, pour étouffer partiellement le son : on obtient un son court, sourd et percussif. Noté « P.M. » suivi d'une ligne pointillée.
Passage du pouce
Geste qui permet de jouer une gamme sans interruption : le pouce passe sous la main (par exemple après le 3e ou le 4e doigt), ou la main passe par-dessus le pouce dans l'autre sens.
Pause
Silence de la valeur d'une ronde : un petit rectangle suspendu sous la 4e ligne. Elle sert aussi à indiquer une mesure entière de silence, quelle que soit la mesure. (En anglais britannique, « pause » désigne le point d'orgue.)
Ped. et ✱
Signes de pédale de résonance sous la portée : « Ped. » (ou 𝆮) = enfoncer, l'astérisque ✱ = relâcher. Les éditions modernes utilisent aussi une ligne horizontale dont les crochets ou les encoches (∧) marquent le relevé et la reprise de pédale.
Pédale (harmonique)
Note tenue ou répétée (souvent à la basse) pendant que les accords changent au-dessus d'elle. Pédale de tonique ou de dominante selon la note. À ne pas confondre avec les pédales du piano.
Pédale de résonance (forte)
Pédale de droite. Elle soulève tous les étouffoirs : les cordes continuent de vibrer après qu'on a lâché les touches, ce qui prolonge et enrichit le son. Il faut la changer à chaque changement d'harmonie pour ne pas mélanger les accords.
Pédale syncopée (pédale legato)
Technique de base : on joue le nouvel accord, puis on relève et renfonce aussitôt la pédale, juste après l'attaque. Le son reste lié sans mélanger l'accord précédent.
Pédale tonale (sostenuto)
Pédale du milieu des pianos à queue : elle ne prolonge que les notes déjà enfoncées au moment où on l'actionne, les suivantes restant normales. Sur beaucoup de pianos droits, la pédale du milieu est plutôt une sourdine d'étude.
Perdendosi
« En se perdant » : le son s'efface jusqu'à disparaître.
Pesante
« Pesant » : lourd et appuyé, chaque note ayant du poids.
Phrase
Unité musicale qui forme une idée complète, comme une phrase parlée, souvent de 4 ou 8 mesures et terminée par une cadence. Le phrasé, c'est la façon de la conduire : respiration, sommet, détente.
Pianissimo (pp)
Très doux. Au piano, enfoncer les touches lentement, près du clavier, en gardant un son clair.
Pianississimo (ppp)
Extrêmement doux, à la limite de l'audible. On trouve parfois pppp, encore plus doux.
Piano (p)
Doux. C'est d'ailleurs l'origine du nom de l'instrument : le pianoforte pouvait jouer « doux et fort » selon la force de l'attaque.
Picking
Technique de main droite où l'on pince les cordes une à une. En fingerpicking (Travis picking), le pouce alterne les basses pendant que les autres doigts jouent la mélodie ou des arpèges ; avec un médiator, l'aller-retour (alternate picking) alterne coups vers le bas et vers le haut.
Più
« Plus » : più forte = plus fort ; più lento = plus lent ; più mosso = plus animé.
Più mosso
« Plus animé » : un peu plus vite, d'un coup, à partir de cet endroit.
Poco
« Un peu » : atténue l'indication voisine (poco rit. = ralentir légèrement ; poco più mosso = un peu plus animé).
Poco a poco
« Peu à peu » : le changement indiqué (crescendo, accelerando…) se fait très progressivement, sur une longue durée.
Point (note pointée)
Point placé après une note ou un silence : il ajoute la moitié de sa valeur. Blanche pointée = 3 noires ; noire pointée = 3 croches. Un double point ajoute en plus le quart de la valeur.
Point d'orgue (fermata)
Signe en forme d'arc avec un point (𝄐) placé sur une note ou un silence : on le prolonge au-delà de sa valeur, selon le goût de l'interprète, puis on reprend. En anglais britannique, ce signe s'appelle aussi « pause ».
Polonaise
Danse polonaise à trois temps, noble et processionnelle, reconnaissable à son rythme caractéristique (croche, deux doubles croches, puis croches). Chopin en a fait un symbole héroïque de la Pologne.
Polyrythmie
Superposition de deux divisions différentes du même temps, par exemple 3 notes contre 2 (un triolet à une main, deux croches à l'autre).
Portato (louré)
Entre legato et staccato : notes à peine séparées, chacune doucement appuyée. Noté par des points (ou des traits) sous une liaison.
Portée
Ensemble de cinq lignes horizontales (et des quatre interlignes) sur lesquelles on écrit les notes : plus une note est haute sur la portée, plus elle est aiguë. Les lignes se comptent de bas en haut.
Power chord (accord de quinte)
Accord de deux notes, fondamentale et quinte (souvent avec l'octave), sans tierce : il n'est donc ni majeur ni mineur. Noté par un « 5 » (E5, A5). Pilier du rock, surtout avec la distorsion.
Prélude
À l'origine, pièce d'introduction précédant une fugue ou une suite (Bach, Le Clavier bien tempéré). À partir de Chopin, c'est aussi une pièce courte et indépendante centrée sur une idée ou une atmosphère (Chopin, Debussy, Rachmaninov).
Prestissimo
Superlatif de presto : aussi vite que possible tout en restant net.
Presto
Très rapide. Demande des doigts légers et une pulsation très stable.
Progression II-V-I
Enchaînement des accords des degrés II, V et I (en do : Dm7-G7-Cmaj7). C'est la progression la plus courante du jazz, qui s'appuie sur le mouvement de quinte en quinte de la basse.
Pull-off
Le doigt qui appuie sur la corde la quitte en l'accrochant légèrement, ce qui fait sonner la note plus grave (case inférieure ou corde à vide) sans repincer. Noté « P » ou par une liaison descendante.
Pulsation
Battement régulier sous-jacent à la musique, celui sur lequel on tape du pied. Chaque battement est un temps ; le tempo en fixe la vitesse.
Quasi
« Presque, comme » : quasi niente = presque rien ; quasi una fantasia = à la manière d'une fantaisie.
Ragtime
Style pianistique afro-américain (vers 1895-1920) : une mélodie syncopée à la main droite sur une main gauche régulière en « pompe » (basse sur les temps, accord entre). Scott Joplin, son maître, demandait de ne pas le jouer trop vite.
Rallentando
En ralentissant progressivement, synonyme pratique de ritardando.
Rasgueado
Technique de la guitare flamenca : les doigts, repliés dans la paume, se détendent l'un après l'autre pour balayer les cordes, ce qui produit un roulement rapide et percussif.
Renversement
Disposition d'un accord dont la note la plus grave n'est pas la fondamentale. 1er renversement : la tierce à la basse (mi-sol-do) ; 2e renversement : la quinte à la basse (sol-do-mi). Les accords de septième ont un 3e renversement.
Rhapsodie
Pièce de forme libre, souvent en un seul mouvement, au caractère épique ou exalté, qui enchaîne des épisodes contrastés, parfois sur des airs populaires (Rhapsodies hongroises de Liszt, Rhapsody in Blue de Gershwin).
Rinforzando (rf, rfz)
« En renforçant » : renforcement soudain de quelques notes ou d'une courte phrase, moins ponctuel qu'un sforzando.
Risoluto
« Résolu » : ferme et décidé, avec des attaques nettes. Deciso a un sens proche.
Ritardando
En ralentissant progressivement. L'abréviation rit. vaut en général ritardando, mais peut aussi signifier ritenuto (ralentissement immédiat) : le contexte tranche.
Ritenuto
« Retenu » : ralentissement immédiat (et non progressif), maintenu jusqu'au retour du tempo.
Romance
Pièce instrumentale lyrique au caractère de chanson, avec une mélodie simple et tendre. Mendelssohn a popularisé un genre voisin, la « Romance sans paroles » (Lied ohne Worte).
Ronde
Note à tête blanche sans hampe. Elle vaut 2 blanches ou 4 noires, soit 4 temps en 4/4.
Rondo
Forme où un refrain (A) revient plusieurs fois entre des couplets contrastants : A-B-A-C-A, ou A-B-A-C-A-B-A. Fréquent en dernier mouvement de sonate, avec un caractère enjoué (« Rondo alla turca » de Mozart).
Rubato
« Temps volé » : liberté expressive du tempo, où l'on retient ou presse certaines notes pour respirer la phrase. Chez Chopin, la main gauche reste souvent régulière pendant que la mélodie s'assouplit.
Rythme pointé
Alternance d'une note longue pointée et d'une note brève (croche pointée-double croche, par exemple), qui donne un caractère sautillant ou majestueux. À ne pas confondre avec le swing.
Rythmique (strumming)
Jeu en accords balayés, vers le bas ou vers le haut, avec un médiator ou les doigts. Sur les partitions, ⊓ (ou ↓) indique un coup vers le bas, V (ou ↑) un coup vers le haut.
Sarabande
Danse lente et grave à trois temps, cœur expressif de la suite baroque, avec un appui caractéristique sur le 2e temps.
Scherzando
« En plaisantant » : léger, espiègle et enjoué.
Scherzo
« Plaisanterie » : mouvement rapide et vif à trois temps, qui remplace le menuet chez Beethoven, avec un trio central. Chopin en a fait de grandes pièces indépendantes et dramatiques.
Segno
Signe 𝄋 (un S barré entre deux points) qui marque l'endroit où l'on revient lors d'un « dal segno ».
Semplice
« Simple » : jouer naturellement, sans effets ni rubato appuyé.
Sempre
« Toujours » : continuer de la même façon (sempre legato, sempre pp) jusqu'à nouvel ordre.
Sensible
Septième degré situé un demi-ton sous la tonique (si en do majeur), qui « tend » à monter vers elle. En mineur, il faut hausser le 7e degré pour l'obtenir (sol♯ en la mineur).
Senza
« Sans » : senza pedale (s.p.) = sans pédale ; senza rit. = sans ralentir.
Senza misura
« Sans mesure » : passage à jouer librement, sans pulsation régulière, comme une cadence ou un récitatif.
Septième de dominante
Accord de septième bâti sur le 5e degré : triade majeure plus septième mineure (sol-si-ré-fa en do majeur). Sa tension appelle fortement la tonique : la sensible monte, la septième descend.
Sforzando (sfz, sf)
« En forçant » : accent soudain et appuyé sur une seule note ou un seul accord, relatif à la nuance ambiante. Sfp = sforzando suivi aussitôt de piano.
Silence
Signe qui mesure un temps sans son. Chaque figure de note a son silence : pause (ronde), demi-pause (blanche), soupir (noire), demi-soupir (croche), quart de soupir (double croche).
Sillet
Petite pièce rainurée qui guide les cordes : le sillet de tête, en haut du manche, marque le début de la longueur vibrante des cordes à vide ; le sillet de chevalet la termine côté caisse.
Simile
« De même » : continuer à jouer comme indiqué juste avant (même articulation, même pédale, même doigté) sans que tout soit réécrit.
Smorzando
« En éteignant » : diminuer le son jusqu'à l'extinction, parfois en ralentissant.
Sonate
Œuvre instrumentale en plusieurs mouvements (souvent trois ou quatre : rapide, lent, menuet ou scherzo, rapide) pour un instrument seul ou un petit ensemble. Le premier mouvement est en général de forme sonate.
Sonatine
Petite sonate, plus courte et plus simple, souvent avec un développement réduit. Les sonatines de Clementi, Kuhlau ou Diabelli sont des classiques de l'apprentissage.
Sostenuto
« Soutenu » : notes tenues pleinement, son nourri et continu, souvent avec une légère retenue du tempo.
Sotto voce
« Sous la voix » : à mi-voix, très doucement, comme une confidence.
Soufflet
Signe en forme de V couché (< ou >) placé sous la portée : < = crescendo, > = decrescendo. Les deux accolés (<>) font enfler puis diminuer le son.
Soupir
Silence de la valeur d'une noire, en forme de zigzag vertical.
Sous-dominante
Quatrième degré de la gamme (fa en do majeur). L'accord de sous-dominante (IV) éloigne doucement de la tonique et prépare souvent la dominante.
Staccatissimo
Très détaché : note la plus brève possible, indiquée par un petit coin noir (ou un trait vertical) au-dessus de la note.
Staccato
« Détaché » : note jouée nettement plus courte que sa valeur écrite, indiquée par un point au-dessus ou au-dessous de la tête de note. Le silence qui suit fait partie de la valeur : on ne raccourcit pas le temps.
Stretto
Indication de tempo : plus rapide, en resserrant (souvent dans une conclusion). Dans une fugue, la strette désigne au contraire l'entrée rapprochée des voix, chacune commençant le sujet avant que la précédente l'ait fini.
Stringendo
« En serrant » : en pressant le mouvement, avec une tension qui monte. Proche d'accelerando, mais plus intense.
Subito
« Soudain » : le changement se fait immédiatement, sans transition (p subito = piano tout à coup, souvent juste après un passage fort).
Suite
Enchaînement de pièces dans la même tonalité. La suite baroque aligne en général allemande, courante, sarabande et gigue, souvent précédées d'un prélude, avec des danses facultatives (menuet, gavotte, bourrée).
Swing
En jazz et en blues, les croches écrites égales se jouent inégales, longue-brève, à peu près comme une noire et une croche de triolet. Le dosage exact dépend du tempo et du style.
Symbole d'accord (grille)
Notation des accords par lettres (système anglo-saxon) écrite au-dessus de la mélodie : Am = la mineur, G7 = sol septième, C/E = do majeur avec mi à la basse. Une grille est la suite des accords d'un morceau.
Syncope
Note attaquée sur un temps faible (ou une partie faible du temps) et prolongée sur le temps fort suivant : l'appui naturel est déplacé, ce qui crée une sensation de décalage.
Système (grande portée)
Au piano, deux portées réunies par une accolade : clé de sol en haut (souvent main droite), clé de fa en bas (souvent main gauche). Le do central se situe entre les deux.
Tablature
Notation propre à la guitare : six lignes représentent les cordes (la ligne du haut est la corde la plus aiguë, mi), et chaque chiffre indique la case à appuyer (0 = corde à vide). Elle montre où jouer, mais souvent pas le rythme.
Tarentelle
Danse populaire du sud de l'Italie, très rapide, en 6/8, aux triolets tourbillonnants.
Tempo
Vitesse de la pulsation d'un morceau, souvent exprimée en battements par minute (BPM). Les indications italiennes (adagio, allegro…) donnent un caractère plus qu'une valeur exacte : les fourchettes de BPM de ce glossaire sont indicatives, elles varient selon les époques, les éditions et les interprètes.
Tempo primo
Reprendre le premier tempo du morceau, après une section écrite dans un tempo différent.
Temps fort, temps faible
Dans une mesure, certains temps sont naturellement plus appuyés. En 4/4 : 1er temps fort, 3e mi-fort, 2e et 4e faibles. En 3/4 : fort, faible, faible.
Tenuto
« Tenu » : tenir la note toute sa valeur, avec un léger appui. Indiqué par un petit trait horizontal au-dessus ou au-dessous de la note.
Thème et variations
Un thème est exposé simplement, puis repris plusieurs fois en le transformant (ornements, rythme, mode, tempo) tout en gardant sa structure et son harmonie reconnaissables (Variations « Ah ! vous dirai-je, maman » de Mozart).
Toccata
De toccare, « toucher » : pièce virtuose pour clavier, faite de traits rapides, d'accords et de notes répétées, qui met en valeur l'agilité de l'interprète (Bach, Schumann, Prokofiev).
Tonalité
Organisation des notes et des accords autour d'une note principale, la tonique, dans un mode majeur ou mineur : « sol majeur », « ré mineur ». L'armure en donne un premier indice.
Tonique
Premier degré de la gamme, qui donne son nom à la tonalité ; c'est le point de repos vers lequel la musique tend à revenir. L'accord de tonique (I) conclut la plupart des morceaux.
Tons relatifs
Une tonalité majeure et une tonalité mineure qui partagent la même armure. Le relatif mineur se trouve une tierce mineure sous la tonique majeure : do majeur et la mineur, sol majeur et mi mineur.
Tranquillo
« Tranquille » : calme et paisible, sans tension. Calmo a le même sens.
Transposition
Jouer ou réécrire un morceau entier dans une autre tonalité, en décalant toutes les notes du même intervalle : la mélodie reste identique, seule la hauteur change.
Tre corde
« Trois cordes » : relâcher la pédale una corda et revenir au son normal.
Trémolo
Répétition très rapide d'une même note, ou alternance rapide de deux notes ou accords. Noté par des barres obliques sur la hampe ou entre les notes.
Triade (accord parfait)
Accord de trois notes superposées en tierces : fondamentale, tierce et quinte (do-mi-sol). Selon la taille des tierces, il est majeur, mineur, diminué ou augmenté.
Trille
Signe « tr » : alternance rapide de la note écrite et de la note juste au-dessus (dans la gamme). Dans la musique baroque, le trille commence en général par la note supérieure ; à partir du XIXe siècle, plutôt par la note écrite.
Trio
Section centrale contrastante d'un menuet, d'un scherzo ou d'une marche, souvent plus calme, avant le retour de la première partie. Le nom vient de l'habitude ancienne de la confier à trois instruments. Désigne aussi un ensemble de trois musiciens.
Triolet
Groupe de trois notes jouées dans le temps de deux de même valeur, marqué d'un « 3 ». Trois croches de triolet occupent une noire. On parle de sextolet (6), quintolet (5), duolet (2 dans le temps de 3)…
Triple croche
Note à trois crochets ou trois barres : la moitié d'une double croche, huit dans une noire.
Una corda
« Une corde » : pédale de gauche. Sur un piano à queue, elle décale le mécanisme pour que les marteaux frappent moins de cordes, d'où un son plus doux et plus feutré. Sur un piano droit, elle rapproche les marteaux des cordes, ce qui adoucit surtout le volume.
Valse
Danse tournoyante à trois temps, née au XVIIIe siècle en Autriche et en Allemagne, reine des bals au XIXe. Au piano, la main gauche joue typiquement la basse sur le 1er temps et un accord sur les 2e et 3e.
Vibrato
Légère oscillation régulière de la hauteur d'une note tenue, qui la rend plus vivante. À la guitare, on fait osciller le doigt sur la corde (le long de la corde en classique, en petits bends en électrique). Le piano ne peut pas en produire.
Vivace
Vif et animé, plus rapide qu'allegro. Vivo a un sens très proche.